Introduction
La génétique et la biologie connaissent aujourd'hui un tel développement qu'elle se mettent à poser des problèmes éthiques, c'est à dire qu'elles nous donne matière à réflexion sur ce que l'on doit faire ou ne pas faire, en raison du pouvoir grandissant que ces disciplines nous confèrent.
« Je n'admet pas qu'il soit moral d'essayer sur les malades dans les hôpitaux des remèdes (...) sans qu'on les ait préalablement expérimentés sur les chiens » (Claude Bernard).
Limiter l'expérimentation sur le vivant ?
Les progrès des sciences du vivant a été spectaculaire dès lors qu'on a osé pratiquer des dissections d'êtres vivants sans avoir peur de toucher à « l'âme » ou de bafouer la le corps parfait créé des mains de Dieu. L'on ne peut « connaître les propriétés de la matière vivante qu'en disloquant les organismes vivants pour s'introduire dans leur milieu intérieur » (Claude Bernard). De plus, plus on expérimente sur le vivant, plus on comprend les maladies et surtout comment les soigner : personne n'accepterait de nos jours de mourir de la peste ou de la variole sous prétexte qu'il a été dit qu'il faut limiter l'expérimentation sur le vivant. Autre exemple, les cellules souches issu d'un embryon fécondé in vitro ne pose aucun problème éthique puisqu'il est constitué de cellules indifférenciées et donc incapables de penser. Leur utilisation permettra à terme de reconstituer n'importe quel organe sans aucun problème de rejet, ce qui est prometteur.
Cependant le gros problème de la science est qu'elle manipule la vie sans savoir ce qu'elle est : elle sait à peu près comment elle fonctionne mais ne sait pas expliquer ce qu'est ce « souffle » qui distingue la matière vivante de la matière inerte. On joue donc d'une certaine façon à l'apprenti sorcier dans la mesure où l'on ne connaît pas les conséquences de nos actes sur la vie. Par exemple quel sera les conséquences démographiques du vieillissement de la population elle-même en augmentation constante ?
La génétique présente également un risque dans sa récupération politique : les nazis voulaient bien créer une race supérieure, et c'est pourquoi on peut craindre l'apparition de dictatures eugéniques. Le mot « eugénisme » vient du grec eu « bien » et gennân « engendrer ». Volonté d'améliorer la « qualité » de la race humaine. A cette fin, Platon pensait soumettre les mariages à un contrôle étatique. Les nazis ont pensé, quant à eux, qu'en éliminant les races « dégénérées », il parviendrait à créer un type humain « supérieur ». Les manipulations génétiques actuelles, qui permettent par exemple de sélectionner les embryons, peuvent faire craindre un retour de telles idées, scientifiquement et moralement indéfendables.
En fait, les nouvelles découvertes, ont toujours provoqué des frayeurs vis-à-vis de leur application. La génétique est une science nouvelle et provoque les même peurs qu'a pu provoquer la machine à vapeur en son temps. Il convient donc de fixer des limites en attendant la maîtrise de cette nouvelle science. N'oublions pas que nous sommes humain par l'acceptation de nos limites naturelles (ce qui contredit les manipulations génétiques) et par la création de nos limites morales !
Le futur décrit dans les livres et les films de science-fiction, ou se que l'on peut « cauchemarder » ...
- Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley
Dans ce livre visionnaire écrit dès 1932, Aldous Huxley imagine une société qui utiliserait la génétique et le clonage pour le conditionnement et le contrôle des individus.
Dans cette société future, tous les enfants sont conçus dans des éprouvettes. Ils sont génétiquement conditionnés pour appartenir à l'une des 5 catégories de population. De la plus intelligente à la plus stupide: les Alpha (l'élite), les Bétas (les exécutants), les Gammas (les employés subalternes), les Deltas et les Epsilons (destinés aux travaux pénibles).
Le "meilleur des mondes" décrit aussi ce que serait la dictature parfaite: une dictature qui aurait les apparences de la démocratie, une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s'évader. Un système d'esclavage où, grâce la consommation et au divertissement, les esclaves "auraient l'amour de leur servitude"...
- Bienvenue à Gattaca, film de Andrew Nichols
Dans un futur proche, un homme raconte son périple pour réussir, contre vents et marées, à atteindre les étoiles.
Dans ce film, on se sent totalement impliqué dans un débat on ne peut plus actuel, puisqu'il consiste à se demander quelle serait notre attitude si nous pouvions choisir, non seulement le sexe de nos enfants, mais aussi leur couleur de peau, leurs capacités intellectuelles, plus généralement leur futur. Que devient l'éthique ici ? Que reste t'il à la nature ? Le hasard n'a plus sa place dans l'acte de procréer, d'ailleurs, il n'y a plus de procréation à proprement parler, puisque toute la croissance du foetus est programmée scientifiquement, sous l'oeil attentif de généticiens et sous le contrôle d'ordinateurs qui analysent, organisent, programment le "produit final" : l'enfant.
Nous sommes, vous et moi, des "invalides", dans cette société élitiste qu'a imaginée Andrew Niccol. Ici, la parturiente qui laisse sa progéniture au hasard est considérée comme un rebut de la société et son enfant ne fera jamais partie des hautes sphères qui dirigent le monde. Jamais ? Pas si sûr, nous dit ce film magnifique. Il présente en effet deux frères dont l'un (Ethan Hawke) est né naturellement, tandis que l'autre a fait l'objet de manipulations génétiques destinées à le "protéger" de la maladie et à en faire un grand de ce monde. En effet, leurs parents, partant d'une bonne intention, décident de se passer des services de la science pour leur premier enfant, préférant laisser son avenir au hasard. Malheureusement, dès la naissance, son profil est calculé avec une extrème précision par un ordinateur surpuissant, qui en trois seconde, et d'après une infime goutte de sang prélevée sur l'enfant, indique aux parents médusés et déconfits que leur rejeton ne passera pas la trentaine, souffrant de graves problèmes cardiaques. Commence alors pour les parents un parcours du combattant, car dans cette nouvelle société, les écoles elles-mêmes refusent l'admission d'enfants "à risques" dans leur enceinte. Il faut bien avouer que le petit est particulièrement chétif et maladroit, pour couronner le tout. Le couple décide alors de faire appel à la science pour le deuxième enfant. Le résultat est à la hauteur de leurs espérances. Dans ce monde prétendument parfait, qui n'est pas sans nous rappeler le chef-d'oeuvre d'Aldous Huxley (Le meilleur des mondes), les malfrats trouvent un nouveau moyen de faire de l'argent facile et propre. Ils ne trafiquent pas des organes, mais se contentent de mettre en relation des "invalides" avec des "valides" déchus, car le hasard est toujours de la partie : la génétique ne peut pas prévoir un accident de voiture, par exemple. Ainsi, Vincent (Ethan Hawke) fait appel à l'un de ces trafiquants pour accéder au saint des saints : Gattaca, dont les lettres ne sont ni plus ni moins que les lettres qui codifient l'ADN. Par cet intermédiaire peu scrupuleux, Jude Law, dans le rôle d'un paraplégique porté sur la bouteille, loue son corps et son identité à Vincent, lui permettant de tromper les scientifiques de Gattaca. Il lui donne son sang, son urine, préparant des poches de fluides en tous genres, afin de déjouer les nombreuses analyses auxquelles doivent se soumettre les employés de Gattaca. Car dans cette cité, le moindre cil est examiné et détermine avec une redoutable précision l'identité de celui qui a eu le malheur de semer ses micro-particules à tous vents. Finalement, l'enfant imparfait finit par aller sur Mars grâce à ce petit jeu, ce qui montre bien que nous ne sommes pas déterminés uniquement par nos gènes, qui ne sont que des prédisposition faisant pencher le hasard plutôt d'un côté que de l'autre sans que tout soit définitivement écrit à l'avance.
- The island, film de Michael Bay
Lincoln Six-Echo et sa camarade Jordan Two-Delta font partie des centaines de Produits d'une immense colonie souterraine où la vie est étroitement surveillée et régie par des codes très stricts. Le seul espoir d'échapper à cet univers stérile est d'être sélectionné pour un transfert sur "l'Île". A en croire les dirigeants de la colonie, l'Île serait le dernier territoire à avoir échappé à la catastrophe écologique qui ravagea notre planète quelques années auparavant et en rendit l'atmosphère à jamais irrespirable...
Lincoln, comme la totalité de ses congénères, a longtemps cru à ce paradis. Mais depuis quelque temps, des cauchemars récurrents troublent ses nuits, et le jeune homme commence à s'interroger sur le sens de sa vie et les restrictions faites à sa liberté.
Poussé par une curiosité tenace, Lincoln découvre bientôt l'atroce vérité...
L'île n'existe pas, ils sont tous des copies, des clones d'être humains qui vivent à la surface et qui se servent d'eux comme réservoir à organes pour remplacer les leurs s'ils défaillent. Les organisateurs de cela on fait du crime un business (exploitant le fait que les gens sont prêts à tout pour rester en vie) et jouent à Dieu d'une manière tout à fait immorale.
- Ce que l'on peut cauchemarder :
- Développement d'un nouveau marché: celui des enfants-produits, vendus sur catalogue, avec des qualités physiques et psychiques proportionnelles à leur prix de vente (enfants beaux et intelligents vendus très cher pour les riches, enfants laids et bêtes vendus moins cher pour les pauvres...)
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- Création d'humains mutants spécialisés, adaptés au travail et au rang social qu'on leur destine.
- Modification génétique de la "nature humaine"
- Création d'humains aux facultés intellectuelles "bridées"
- Limitation génétique du libre-arbitre, de l'anticonformisme, de l'imagination...